04.12.2019

Samedi soir, à Perpignan, elle est allée chercher la ceinture mondiale.


Depuis samedi soir, Méghane Amouri est championne du Monde de savate boxe française de combat en -52kg. Face à la Japonaise Mariko Ara, elle a livré son combat et le remporte à l'unanimité aux points pour ramener la ceinture à Levallois. Débriefing tout en émotions et sincérité.

« Je suis championne du Monde! Je suis contente. C'est l’aboutissement du chemin, j’ai atteint l’objectif. C’est le plus beau titre qu’on peut atteindre en boxe française. Je rentre dans un petit cercle fermé de la boxe française, c’est un privilège. Je suis assez fatiguée car il y a toute la pression qui retombe. A la fin du combat, j’ai été contente et émue. Je ne pensais pas un jour atteindre ce niveau et ce titre mondial. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Mon adversaire était super gentille. Elle m’a annoncé à la fin du combat que c’était son dernier, qu’elle raccrochait mais qu’elle était contente.

 

C’était un combat intense. On a beaucoup produit, ça allait très vite. Ma consigne était de mettre beaucoup de rythme et de travailler en vitesse pour que mon adversaire ne puisse pas suivre au niveau du cardio et du physique. Au niveau de la tactique ça a marché, elle était présente, elle a été coriace mais j’ai eu des touches plus nettes et plus efficaces. J’ai fait la différence là-dessus. J’ai moins eu la boule au ventre, j’étais stressée mais je me sentais prête, il fallait juste y aller, lâcher les chevaux et tout donner. J’étais bien.



On m’a élu meilleur combat de la soirée car j’ai réussi à faire des coups de pieds assez esthétique. J’ai passé des tournantes qui ont dû faire la différence.



La suite, c’est repos pendant deux semaines. Je me pose des questions. J’aimerais continuer car je sens que j’ai une marge de progression, que c’est aujourd’hui que j’arrive à augmenter mon niveau, à acquérir de l’expérience et une meilleure technique. Je n’ai pas envie de m’arrêter maintenant vu que je progresse mais je ne peux plus continuer avec ce rythme, dans ces conditions. C’est le dilemme avec ma vie professionnelle et personnelle. C’est une équation à résoudre pour continuer mais comme je suis ce n’est plus possible. Je savoure et quand je redescendrai on verra mais il y a encore beaucoup de choses à faire comme les championnats d’Europe ou pourquoi pas évoluer dans une autre discipline pieds/poings. Il y a moult motivations et possibilités. On verra, on y réfléchit."

 

Photos : Fight Furious Tour / Philippe Klein / Peac Euz
Montage photos: Laurent Thézé :
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